Uber recentre et supprime 3 300 emplois
Uber a annoncé la suppression d'environ 3 300 postes pour dégager des capitaux et recentrer ses investissements sur les partenariats robotaxi et la livraison. Venons-en aux faits: la société préfère utiliser sa place de marché comme couche de distribution plutôt que développer ses propres véhicules ou logiciels de conduite autonome.
Cette décision illustre un repositionnement stratégique. Plutôt que d'investir dans la construction de voitures ou dans le développement exclusif de logiciels, Uber mise sur des alliances avec des fournisseurs de conduite autonome. Cela signifie réinvestir les économies de coûts et la focalisation managériale dans Uber Eats, la logistique et contrats stratégiques de partage de revenus avec des opérateurs de robotaxis.
La question qui se pose est donc: qui dominera la technologie? Waymo, filiale d'Alphabet, a franchi une étape commerciale et déploie des services sur des zones urbaines. Tesla adopte une stratégie verticale: constructeur et développeur logiciel, la firme pourrait intégrer un service robotaxi directement à sa flotte. Ces trajectoires différentes façonnent la position d'Uber, dépendante des choix de ses partenaires et des cadres réglementaires locaux, notamment en Europe, où les autorisations pour Paris et d'autres métropoles restent plus prudentes qu'aux États-Unis.
Les opportunités d'investissement s'étendent au-delà des grands noms. La chaîne de valeur comprend les fabricants de capteurs Lidar et caméras, les fournisseurs de puces IA, les éditeurs de logiciels de gestion de flotte, les constructeurs de véhicules électriques et les prestataires logistiques. Diversifier son exposition sur ces segments réduit le risque lié au scénario «un seul vainqueur».
Les risques sont néanmoins réels: coûts de restructuration, délais technologiques, incertitudes règlementaires, dépendance à des tiers et adoption incertaine par les consommateurs. La rentabilité des flottes autonomes dépendra aussi de la baisse des coûts des capteurs et des batteries.
Côté réglementation, les expérimentations se multiplient hors des États-Unis, par exemple dans des zones comme ADGM ou Nemo à Abu Dhabi qui offrent des cadres tests. En Europe, Paris avance prudemment: les autorités municipales et nationales imposent des essais encadrés et des exigences de sécurité strictes.
Pour les investisseurs avisés, la thèse reste thématique et long terme. Plutôt que parier sur une seule action, il est plus prudent d'exposer son portefeuille à la chaîne d'approvisionnement des flottes autonomes. Voir la liste thématique Robotaxi Stocks (Sensors & AI Hardware) to Watch.
Avertissement: cet article n'est pas un conseil personnalisé. Les perspectives sont conditionnelles et comportent des risques.