Qui sont les gagnants ?
Les premiers bénéficiaires logiques sont les fabricants de puces spécialisés pour l'IA. NVIDIA illustre parfaitement cette dynamique : ses revenus des centres de données sont passés d'environ 3 milliards de dollars à plus de 47 milliards de dollars lors de l'essor IA, soit un peu plus de 40 milliards d'euros. Ces GPU et autres accélérateurs restent essentiels pour l'entraînement et l'inférence des modèles de grande taille.
Les fondeurs, à commencer par TSMC, captent également l'effet d'entraînement. Ils fabriquent les nœuds avancés et le packaging nécessaires aux puces d'IA. Sans capacités de production adaptées, la chaîne se grippe. Par conséquent, les tensions sur l'offre et la concentration géographique deviennent des risques systémiques.
Côté infrastructure, les fournisseurs de cloud et d'équipements de centres de données verront une demande accrue et récurrente. Microsoft Azure, par exemple, offre computing, stockage et services managés pour l'IA et génère des revenus récurrents liés aux déploiements à grande échelle. Mais les acteurs européens comme OVHcloud ou des opérateurs de colocation resteront pertinents pour les entreprises soumises à des contraintes de souveraineté des données et aux exigences du marché unique.
Enfin, les éditeurs de logiciels et plateformes d'IA profitent de la validation commerciale de la technologie. Les outils de pipeline de données, les plateformes MLOps, les solutions d'observabilité et d'optimisation deviennent des sources de revenus récurrents, moins spéculatives que les paris purement hardware.