Un mur numérique est en train de se construire
Soyons francs. L'idée de "nationalisme des données" ressemble à quelque chose concocté dans un bureau gouvernemental terne, et c'est probablement le cas. Mais le principe est simple. Les pays deviennent plutôt nerveux à l'idée que les informations les plus sensibles de leurs citoyens, leurs secrets d'entreprise et leurs affaires d'État soient stockés sur un serveur, disons, en Californie ou en Virginie. Peut-on les blâmer ? Lorsque le ministère de la Santé de la France décide qu'un fournisseur local est un meilleur foyer pour ses dossiers médicaux qu'un géant technologique mondial, ce n'est pas seulement une décision politique. C'est une déclaration.
Cela crée une série de forteresses numériques. Le RGPD de l'Union européenne a été le premier coup de canon, et maintenant des dizaines de nations suivent le mouvement, exigeant que certaines données ne quittent jamais leurs frontières. Ce n'est pas un bug, c'est une fonctionnalité. Cela crée un fossé réglementaire, une barrière à l'entrée qu'aucune somme d'argent de la Silicon Valley ou de codage astucieux ne peut facilement surmonter. Soudainement, le jeu ne concerne plus qui a la meilleure technologie, mais qui a le bon passeport et la meilleure relation avec les régulateurs locaux.