Les risques qui tempèrent l'enthousiasme
La question qui se pose est donc simple: la ruée vers l'or sera-t-elle durable? Plusieurs facteurs tempèrent l'optimisme. D'abord, la mesure de la séquestration est complexe. Variabilité des sols, rotations culturales et conditions climatiques rendent les estimations incertaines. Ensuite, les coûts de MRV restent élevés: l'article estime qu'ils peuvent absorber entre 20 et 30 % des revenus générés par la vente de crédits. Cela réduit significativement les marges des exploitations.
L'absence d'uniformité des protocoles et le morcellement des standards freinent la confiance des acheteurs. Sans harmonisation, le marché risque la fragmentation et la volatilité des prix. Par ailleurs, la concentration du pouvoir d'achat entre quelques grands acheteurs comme Microsoft peut biaiser la tarification et limiter l'accès au marché pour les petits producteurs, notamment en France où la taille moyenne des exploitations est moindre qu'aux États-Unis.
Enfin, des alternatives comme l'agriculture sous environnement contrôlé proposent une meilleure mesurabilité, mais elles restent énergivores, spéculatives et questionnent la durabilité globale.