Quand l'emploi recule, ces actions tiennent bon
La perte inattendue de 92 000 emplois aux États-Unis en février a servi d'alerte. Elle rappelle que le marché du travail peut se détendre plus vite qu'anticipé et peser sur la consommation discrétionnaire. Venons-en aux faits : quand le pouvoir d'achat et la confiance faiblissent, certaines valeurs résistent mieux que d'autres. Cela signifie que, pour les investisseurs modérément prudents, un repositionnement vers des actions défensives mérite réflexion.
Les secteurs dits non cycliques — santé, services publics régulés et produits de consommation de première nécessité — reposent sur une demande inélastique. Les patients ont toujours besoin de soins, les ménages continuent de payer l'électricité et les biens de première nécessité restent achetés malgré la contraction des revenus. Cette caractéristique tend à stabiliser les revenus et les cours en période de ralentissement économique.
Trois titres illustrent ce profil dans le panier défensif. Johnson & Johnson (JNJ) combine portefeuille pharmaceutique et dispositifs médicaux, une longue histoire de dividendes et une exposition aux dépenses de santé soutenues par les systèmes publics et les assurances. UnitedHealth Group (UNH) tire une part significative de ses revenus de programmes liés à l'État, comme Medicare et Medicaid, ce qui offre une visibilité lorsque l'emploi privé recule. Sempra Energy (SRE) est représentative des services publics régulés : ses tarifs et marges sont encadrés, conférant une prévisibilité des flux de trésorerie.
La question qui se pose est donc : pourquoi privilégier ces titres aujourd'hui ? D'abord pour la stabilité des flux ; ensuite pour les distributions par dividendes. Les dividendes peuvent fournir un revenu tangible quand la croissance des cours est limitée. Cela dit, rappel indispensable : les dividendes ne sont jamais garantis et peuvent être réduits si la situation financière se détériore.
Par ailleurs, la rotation des capitaux vers les secteurs défensifs est déjà observable. Les gestionnaires institutionnels favorisent désormais la prévisibilité des flux de trésorerie plutôt que la chasse au rendement dans les secteurs cycliques. Ce mouvement peut soutenir les prix relatifs des valeurs défensives en période d'incertitude macroéconomique.