Opportunité et limites pour les investisseurs
La mécanique financière est simple sur le papier. Si Boeing livre et si les carnets de commandes se convertissent, on observe une hausse des revenus pour Boeing et ses fournisseurs, un accroissement des besoins MRO et une possible amélioration des marges unitaires pour les avioniques et moteurs. United, Delta et American disposent de commandes significatives; leur modernisation de flotte pourrait entraîner des gains structurels en efficience carburant et en coûts d'exploitation.
La question qui se pose est donc: quand et à quel prix? Plusieurs facteurs freinent la réalisation du scénario optimiste. D'abord le calendrier réglementaire. L'approbation de la FAA n'exonère pas Boeing d'obtenir l'aval de l'EASA et d'autres autorités locales. Les différences de démarches et d'exigences peuvent retarder les livraisons pour les compagnies européennes, comme Air France-KLM, et modifier le rythme d'adoption sur le Vieux Continent.
Ensuite la montée en cadence pose un défi industriel. Usines sous-capacitaires, pénuries de composants, ou défauts de qualité peuvent alourdir les coûts et ralentir la mise en production. Enfin, le contexte macroéconomique n'est pas neutre: des taux d'intérêt élevés compliquent le financement d'appareils par les compagnies et peuvent amener à différer des achats.