Le démantèlement d'une institution
Je ne suis pas ici pour débattre de la politique derrière cette décision. Franchement, c'est un débat stérile. Ce qui m'intéresse, ce sont les conséquences, l'opportunité commerciale qui naît lorsqu'un géant trébuche. Pendant des décennies, les médias publics ont cultivé un public d'une loyauté féroce. Il ne s'agit pas de téléspectateurs qui zappent nonchalamment. Ce sont des consommateurs dévoués, attachés à un certain type de contenu, des gens qui apprécient une programmation réfléchie, en particulier dans les zones rurales où une station commerciale passant les mêmes quarante tubes en boucle est souvent la seule alternative.
Voilà que ce public est sur le point d'être laissé à la dérive. Imaginez que votre bistrot de quartier préféré, celui avec le bon vin et sans musique assourdissante, ferme soudainement ses portes. Que font les habitués ? Ils ne rentrent pas chez eux pour boire de l'eau du robinet. Ils cherchent, parfois désespérément, un nouvel établissement qui leur semble vaguement familier. C'est précisément la situation à laquelle nous assistons, mais à l'échelle nationale. Des millions de téléspectateurs et d'auditeurs vont bientôt se chercher un nouveau foyer.